Archive for September 6th, 2012

September 6, 2012

Von Straßburg nach Saverne

Mit Sonnenschein starteten wir heute morgen auf dem Gutshof Bussière in Straßburg. Die Fahrradwege in der Stadt waren schlecht ausgeschildert, so dass wir uns an jeder zweiten Kreuzung neu orientieren und auch mal umdrehen mussten und daher relativ lange brauchten um Straßburg zu verlassen. Kurz hinter Straßburg ging es dann aber weiter auf ruhigen Landstraßen durch sanfte Hügel. Auffallend waren dabei die endlosen Maisfelder links und rechts der Straße.

Mittagspause machten wir bei einer kleinen Bio-Gärtnerei. Wir durften die Erdbeer-Pflanzen plündern – eine in den Eimer, eine in den Mund, lecker! Nach dieser willkommenen Stärkung (was würden wir nur ohne unser mobiles Küchenteam tun?) ging es weiter über die Hügel. Da es hier schon sehr lange nicht mehr geregnet hatte und tagelang sehr heiß war, waren die Randstreifen und der Mais auf den Feldern sehr trocken. Gemeinsam mit den Pappeln, die wie Zypressen die Felder säumten, hatten wir den Eindruck dem Mittelmeer ganz nah zu sein.

Unser heutiges Etappenziel war Saverne, ein hübscher historischer Ort am Rande des Nationalsparks Nördliche Vogesen, wo wir von der Stadt und der Confederation Paysanne im Rohan-Schloss empfangen wurden. Nach dem obligatorischen Pressefoto setzten wir uns im Stucksaal des klassizistischen Schlosses zu einem Runden Tisch zum Thema GAP-Reform zusammen. Es ging um den Good Food March, über die Aktivitäten der Confederation Paysanne und regionale Projekte stellten ihre Arbeit in und um Saverne vor. Abends ging es dann zum Betrieb von Jacky Kuntz in Ernolsheim les Saverne, wo für uns gegrillt wurde und wir uns anschließend gemütlich ins Stroh kuscheln können.

September 6, 2012

Good Food March en Dordogne!

A l’origine, il n’y avait pas encore de nature. Nul n’en parlait parce que l’homme ne s’était pas encore distingué d’elle pour la considérer. Individus et sociétés étaient alors englobés dans le cosmos. Une puissante omniprésente, sacrée parce qu’invincible, cernait de toutes parts la faiblesse humaine. La civilisation n’était qu’une clairière précaire, maintenue au prix d’un effort écrasant dans la marée des forêts. Comment nos ancêtres auraient-ils parlé de nature ? Il la vivaient et ils étaient eux même nature : force brutale et instincts paniques. Dans l’ombre ou ils étaient encore plongés, les arbres et les rochers prenaient des formes surhumaines. Paysans et paiens, ils ne pouvaient aimer la nature, ils ne pouvaient que la combattre ou l’adorer.

Alors grandirent parallèlement la maîtrise et le sentiment de la nature. La science pénétra le mécanisme du cosmos et ainsi la technique permit de le transformer. Mais cette transformation, progressivement accélérée, se limite d’abord à certains lieux de certains pays. En occident, L’homme vécut dans le milieu artificiel des villes, mais à leur porte commençait la campagne et avec elle la nature. Ainsi jusqu’à la seconde guerre mondiale, les Français connurent une société de transition où coexistaient le passé et l’avenir : ce qui permettait de jouir des plaisirs de la nature grâce au progrès.

Car en même temps que la ville se développe le besoin d’en sortir. Le sentiment de la nature apparaît là ou le lien avec le cosmos est rompu : quand la terre se couvre de maisons et le ciel de fumées ; là ou l’industrie, ou bien l’état, imposent leurs raisons et leur désordre. Le sentiment de la nature n’est pas affaire de primitif ou de paysan, mais de bourgeois ; il suit la « révolution industrielle » en atteignant progressivement les pays et les classes que celle-ci englobe. Parce qu’il y a des machines, sur sa machine voiture, l’homme fuit la machine. Du coteau vers la montagne, et de la montagne vers le pic ; de la campagne vers le désert, et de la cote vers le large, la foule fuit la foule, le civilisé la civilisation. C’est ainsi que la nature disparaît, détruite par le sentiment même qui l’a fait découvrir, autant que par la montée de l’industrie.

Mais aujourd’hui la campagne s’urbanise, et l’Europe devient une seule banlieue. Ainsi s’ébauche un nouveau stade où, la nature n’étant plus, il faudra bien que son sentiment disparaisse.Une nébuleuse de ville rassemblant le gros de la population, il n’y aura plus de campagne, mais une zone consacrée aux industries du travail, où à celle du loisir. Il n’y aura plus de nature ; comme il était autrefois englobé dans le cosmos, l’homme le sera dans l’espace organisé par l’aménagement du territoire. Le même système définira les gestes du travailleur dans l’usine, et ses vacances dans la verdure. La même explication scientifique s’appliquera à l’esprit et à la matière, et les techniques ordonneront l’homme en même temps que son milieu. Ainsi réintégrera-t-il le tout dont il avait prétendu se distinguer.